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IZMIR, Turquie (SIC) Vincent et Philippe Beaudry sont inséparables.
Les deux frères, nés à Montréal et résidents de Pointe-aux-Trembles,
Qué., parcourent la planète ensemble pour représenter le Canada aux
compétitions d'escrime.
Présents à Izmir pour la tenue des Universiades d'été 2005, ils font
partie de la relève nationale au sabre et ont déjà en tête les
Olympiques de 2008.
Inséparables, mais différents.
Vincent, 20 ans, barbe bien droite au menton, a les yeux verts et
envisage déjà de poursuivre ses études en génie mécanique à la maîtrise
dans deux ans à l'Université McGill. Philippe, tout juste 18 ans, a les
yeux bleus comme la mer Égée, porte la barbe à l'occasion et ne sait
pas trop ce qu'il fera après ses études en sciences pures au Collège
Brébeuf. « Tu peux écrire que j'étudierai probablement en commerce, c'est ce qui me tente pour l'instant, » précise-t-il.
« Ils sont très différents l'un de l'autre, autant dans la vie que sur
la piste, mais ils se complètent à merveille, » souligne Jean-Marie
Banos, entraîneur-chef de l'équipe nationale de sabre et gérant de
l'équipe canadienne aux Universiades.
Banos a connu une brillante carrière d'escrime, prenant entre autres
part aux Jeux olympiques de 1984, 1988, 1992 et 1996. Il a appris les
rudiments de son sport à Chibougamau, Qué., sous la férule de Henri
Sassine, père de Sandra qui est aussi membre de l'équipe nationale au
sabre, et qui prend également part aux Universiades d'Izmir.
Comme quoi l'escrime est souvent histoire de famille, phénomène qui se remarque souvent en Europe, selon Banos.
« Vincent est plus rangé comme personne et plus technique comme tireur,
» poursuit le Français d'origine. « Il doit apprendre à se laisser
aller pour mieux performer. Philippe, c'est tout le contraire. C'est un
artiste, un peu désordonné sur les bords mais aussi plus stratégique.
Il se fout un peu de tout et fonce dans le tas. »
Vincent a entamé sa carrière en 1994 au fleuret, avant de se tourner
vers le sabre un an plus tard. Ce n'est qu'en 2001 que Philippe a fait
ses débuts.
Le frère aîné de la famille, François, 22 ans, a lui aussi tenté l'expérience à la fin des années 1990.
« J'ai tenté de faire partie de l'équipe de basketball du Collège
Brébeuf mais je n'ai pas été retenu, » explique Philippe, dont la
ressemblance avec l'acteur irlandais Cillian Murphy, qui tenait le rôle
du vilain dans le film Batman Begins, est frappante. « Toute la famille
avait fait de l'escrime, alors j'étais curieux. »
« Sans rien vouloir enlever à nos autres coéquipiers, je préfère avoir
mon frère à mes côtés lors des compétitions, » ajoute Philippe. « Si
quelque chose ne va pas, il sera le premier à s'en rendre compte et à
réagir. Nos nombreux déplacements nous permettent aussi de nous
connaître et nous découvrir sous un autre angle qu'à la maison. »
« Nous sommes frères, mais nous sommes aussi de très bons amis, » intervient immédiatement Vincent.
Banos a lui-même vécu une situation semblable en s'illustrant aux côtés de son frère Jean-Paul pendant de nombreuses années.
« C'est effectivement une forme d'avantage que de pouvoir compter, lors
des compétitions, sur quelqu'un qui a les mêmes valeurs que soi. »
C'est d'ailleurs beaucoup en raison de leur famille que les frères Beaudry en sont venus à l'escrime.
Leur père, Paul, a défendu les couleurs du Canada de 1975 à 1981,
agissant comme substitut aux Jeux olympiques de Montréal en 1976. Celui
qui a manqué les Olympiades de Moscou en 1980 en raison du boycott
canadien a participé aux Universiades de 1977 à Sofia, en Bulgarie.
« Il était l'homme à battre au pays à l'époque, et mon frère et moi avons pris sa place quand il s'est retiré, » précise Banos.
Aujourd'hui homme d'affaires occupant le poste de vice-président
finances et administration du département de la construction chez SNC
Lavalin, où il travaille depuis 19 ans, Paul Beaudry a rencontré son
épouse par l'entremise de son sport.
Il a en effet fait la connaissance Diane Therrien à l'époque où il
enseignait l'escrime au CEPSUM pendant ses études en mathématiques à
l'Université de Montréal. Il a par la suite complété une maîtrise en
administration à l'Université McGill.
« Quand on me demande ce que l'escrime m'a apporté, je n'ai pas le
choix de répondre que ça m'a donné une femme et trois enfants, » dit-il
sur un ton amusé.
« Ça a toujours été important pour moi que mes enfants fassent du sport
et je suis particulièrement touché qu'ils aient choisi l'escrime,
d'autant plus qu'ils s'entraînent avec Jean-Marie, » ajoute le
paternel, joint au téléphone lors de ses vacances en France.
Souhaitant suivre de près la carrière de ses deux fils, Paul Beaudry
est revenu à l'escrime en 2002, cette fois dans le rôle de président de
la Fédération québécoise, qui produit près de 40% des membres de
l'équipe canadienne. Il arbitre également au niveau national à
l'occasion.
Pour revenir aux Universiades, compétition à laquelle ils participent
tous deux pour la première fois, Vincent et Philippe sont agréablement
surpris par le calibre et l'envergure de l'événement.
« C'est gigantesque, on s'attendait à quelque chose de gros, mais pas à
ce point, » mentionne Vincent, qui s'est incliné 15-13 devant son
frangin en finale du championnat canadien junior en 2004. « Plusieurs
des meilleurs escrimeurs de la planète sont ici et ça équivaut
facilement à une importante coupe du monde. »
Lors de l'épreuve individuelle des jeux universitaires d'Izmir, qui
s'est déroulé mardi, Vincent a baissé pavillon lors des 32es de finale,
alors que Philippe a vu son parcours s'arrêter une ronde plus tard.
Le duo foulera à nouveau la piste le vendredi 19 août lors de la
présentation de l'épreuve par équipe, au cours de laquelle il
s'associera avec le Montréalais Nicolas Mayer.
-SIC-
Benoit Mongeon Agent d'information sportive Équipe Canada Universiades d'été 2005 (90) 536-644-8219 benoit.mongeon@umontreal.ca
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